Nos propositions opérationnelles : nous sommes prêts

L’hospitalité ne se décrète pas et se construit dans le temps, avec les personnes concernées, accueillantes et accueillies, sans oublier le voisinage et les enjeux écologiques, culturels, sociaux et économiques. Nos propositions prennent appui sur la richesse des initiatives marseillaises publiques, privées comme bénévoles : nous n’avons besoin de rien, nous avons tout pour être une ville d’hospitalité.

L’hospitalité générationnelle, favoriser la transmission et l’accessibilité

Enjeu : rendre accessible l’hospitalité pour tous les jeunes de passage à Marseille

Nos enquêtes au sein du collectif Marseille HospitalitéS révèlent que les jeunes représentent une part considérable et croissante des personnes de passage : étudiant⸱es, apprenti⸱es, ajistes, festivalier⸱es, elles et ils sont malheureusement de plus en plus systématiquement exclu⸱es de l’offre d’hébergement par les prix prohibitifs pratiqués avec des ressources qui n’augmentent pas au même rythme.

Nos propositions :

  1. Renforcer significativement l’offre d’intermédiation locative en partenariat avec le Mouvement Habitat Jeunes, héritier direct des mouvements de solidarité du XXe siècle, qui disposent d’un réseau territorial éprouvé et d’une expertise reconnue de l’accompagnement social.
  2. Développer l’hébergement intergénérationnel afin de mettre en relation seniors et jeunes visiteur⸱euses et permettre aux seniors marseillais⸱es de transmettre leurs histoires et connaissances précieuses de la ville et de trouver auprès des jeunes une aide ponctuelle dans un esprit de réciprocité.
  3. Ouvrir a minima 150 places en auberges de jeunesse avec la Fédération unie des auberges de jeunesse (FUAJ) – acteur historique du tourisme social qui poursuit sa mission d’ouverture au monde et d’hébergement solidaire -, par la mise à disposition de foncier municipal : 173 actuellement contre 330 en 2022.
  4. Accompagner la réouverture et la création  de campings dans les espaces privés et publics : 30 emplacements actuellement contre 350 en 1990.
  5. Proposer des points d’information et d’orientation accueillant répartis dans toute la ville avec du personnel multilingue, accès wifi gratuit, bornes de recharge pour appareils électroniques, consignes temporaires sécurisées et document d’information à jour.
  6. Proposer des points d’information sur les dispositifs d’aides à la mobilité : aides sociales, aides au départ, aides transport en commun.
  7. Veiller à maintenir une accessibilité tarifaire au plus grand nombre des offres d’hébergements, de restauration et culturelles, comme avec la gratuité des musées municipaux (40% des français•es ne partent pas en vacances). 
  8. Augmenter le nombre d’hébergements touristiques agréés VACAF pour faciliter les “vacances pour tous” en famille (3 hébergement à Marseille en 2025).
  9. Augmenter le nombre d’hébergements touristiques acceptant les chèques vacances pour faciliter l’accès aux vacances pour toutes et tous et reconnaître que l’accès aux vacances à Marseille ne peut décemment dépendre du niveau de richesse (40 structures sont actuellement répertoriées par l’ANCV). 
  10. Associer pleinement les représentant⸱es des organisation en charges de l’accueil des jeunes aux prises de décisions qui concernent leur conditions d’accueil tel que le Mouvement Habitat Jeunes, le CROUS et les centres d’apprentissage.
  11. Associer pleinement les représentant⸱es du tourisme social à la stratégie touristique tel que l’Unat PACA et les organisations syndicales (aides au départ).

L’hospitalité sobre, retourner aux essentiels de l’accueil

Enjeu : réhabiliter et valoriser les formes existantes d’hospitalité

Au sein du collectif Marseille HospitalitéS, nous avons documenté des formes d’hospitalité sobres qui valorisent l’existant et l’habitat léger. Ces hospitalités s’opposent à la logique spéculative, qui privilégie systématiquement le suréquipement et les espaces privatifs, par le choix assumé de la simplicité et du partage des ressources. 

Les solutions existantes pour accueillir sobrement :

  1. Accompagner la croissance de l’offre d’échange non-marchand de résidence principale de pair à pair qui valorise les réseaux d’échange existants (couchsurfing, échange de maisons, réseau Servas…) afin de cultiver durablement l’hospitalité comme relation humaine.
  2. Créer 350 emplacements de camping chez l’habitant·e pour retrouver le niveau de capacité d’accueil municipal d’avant 1990 et promouvoir l’accueil en plein air et l’hébergement léger et convivial (jusqu’à 6 emplacements par hôte).
  3. Ouvrir deux aires d’accueil des gens du voyage, de qualité et bien situées, en concertation approfondie avec les associations représentatives (Rencontre Tziganes, ANGVC), en réponse à l’obligation légale faite à la Métropole et afin de dépasser définitivement cette inhospitalité historique et faire de Marseille un exemple national en prenant exemple sur la nouvelle aire d’accueil des gens du voyage du Grand Avignon (48 places actuellement mal situées à Marseille).
  4. Faire des internats fermés l’été des lieux d’hospitalité temporaire ouverts prioritairement aux jeunes et aux saisonniers afin de montrer qu’une ville hospitalière mobilise l’ensemble de son patrimoine public pour l’accueil. 
  5. Ouvrir un second centre de vacances pour accueillir les enfants en colonie de vacances et classe découverte, pour que Marseille redevienne la “capitale des colonies de vacances” (154 places actuellement).
  6. Optimiser l’usage innovant des ressources foncières existantes, comme les toits marseillais.
  7. Réduire les vacances, les sous utilisations et les latences administratives dans la mise en hospitalité des équipements municipaux.

L’hospitalité décarbonée, favoriser les mobilités douces

Enjeu : accueillir et encourager les nouvelles formes d’itinérance

Alors que Marseille a vu naître l’une des plus importantes sociétés excursionnistes de France, elle est aujourd’hui regrettablement peu présente sur l’offre de séjour de randonnée comme de cyclotourisme pourtant en pleine croissance. Les Excursionnistes marseillais ont été les premiers en France à concevoir un système de signalisation spécifique aux itinéraires de randonnée. 

Les pèlerin·es, cyclistes et randonneur·euses recherchent en chemin des hospitalités sources de rencontres humaines : halte pèlerine, refuge, accueil chez l’habitant⸱e. Il s’agit stratégiquement de positionner Marseille sur le tourisme lent, en pleine croissance, moins polluant et plus respectueux des lieux, et de mieux articuler les compétences municipales avec celles métropolitaines (voirie, maritime),  départementales (sentiers) et régionales (vélo routes).

Les solutions innovantes existantes pour favoriser davantage les mobilités douces :

  1. Structurer l’accueil des randonneur⸱euses (halte pèlerine, refuge…) le long des itinéraires de randonnée afin de valoriser pleinement les atouts méconnus que sont GR2013, unique sentier de grande randonnée métropolitain, le GR98 des Calanques, la Voie phocéenne sur le chemin de Saint-Jacques et le nouveau chemin de pèlerinage de Marie-Madeleine.
  2. Améliorer le balisage et l’entretien des chemins de grande randonnée traversant Marseille en coopération avec la Fédération Française de Randonnée et le Département.
  3. Accompagner l’ouverture de points « Accueil Vélo » en coopération avec l’ADEME, la Région et la FFC afin de répondre à un marché en croissance de 15% par an.
  4. Promouvoir et développer la communauté marseillaise de cyclotouristes par des formations ciblées et une meilleure visibilité afin de favoriser l’esprit de solidarité entre cyclistes (200 personnes actuellement sur warmshower).
  5. Ouvrir stratégiquement les véloroutes V64 (Sainte-Marie-de-la-Mer/Nice) et V65 (Grenoble-Marseille) passant par Marseille afin de connecter (enfin) la ville aux grands itinéraires cyclables européens avec des infrastructures qui bénéficieront également aux Marseillais dans leurs déplacements quotidiens.
  6. Contribuer à l’ouverture à nouveau des anneaux pour l’hébergement associatif en voilier, interdit par la Métropole, afin de contribuer au partage et à la conservation du patrimoine maritime.
  7. Soutenir le transport à la voile de passagers et de marchandises notamment sous forme coopérative.
  8. Mesurer l’intensité carbone des différentes typologies de visiteurs pour favoriser la réduction de l’impact climatique du secteur touristique dans le respect des Accords de Paris.
  9. Rendre public le bilan financier de l’office de tourisme, comme l’exige la Loi, afin de favoriser une allocation responsable des budgets communication et marketing et de réorienter ceux à destination de clientèles touristiques internationales vers des hospitalités locales (l’avion représente 40% de l’impact carbone du secteur touristique).
  10. Réduire la dépendance de l’économie locale aux clientèles touristiques internationales pour renforcer la robustesse économique et la stabilité de l’emploi face aux crises.
  11. Réduire significativement l’impact de l’activité croisière sur l’environnement et ne pas ouvrir de nouveaux terminaux de croisières (terminal luxe au J4).
  12. Associer pleinement les représentant⸱es des associations et institutions en charge de l’environnement aux prises de décisions touristiques qui impactent l’environnement tels que les collectifs Stop extension aéroport, Stop Croisière, le GIEC PACA et l’Ademe. 

L’hospitalité solidaire, accueillir toutes les personnes vulnérables

Enjeu : Les conditions d’accueil des personnes de passage vulnérables (femmes seules, travailleur⸱euses étranger⸱es, réfugié•es, patient⸱es) sont malheureusement de plus en plus difficiles.

Comment inciter les propriétaires d’hébergements touristiques à développer des pratiques d’inclusion sociale ? Cette hybridation des ressources grâce à la diversité des clientèles accueillies contribue à les rendre plus robustes économiquement et soutenables socialement et écologiquement. 

Les solutions solidaires existantes pour accueillir dignement toutes les personnes vulnérables :

  1. Généraliser le premier accueil des nouveaux résidents à l’ensemble des personnes  de passage à Marseille pour de longs séjours (kit bienvenue).
  2. Faire connaître et développer le dispositif “hôtel hospitalier” – dont Marseille à été précurseur – auprès des hébergeurs touristiques collectifs et individuels pour répondre aux besoins croissants des patient⸱es et familles qui viennent se faire soigner dans nos établissements de santé reconnus et mélanger concrètement accueil touristique et accueil social (2 hôtels et un réseau coopératif de chambres chez l’habitant en 2025).
  3. Accompagner le développement des hébergeur·euses solidaires afin de constituer un réseau de solidarité activable notamment en cas de crise (grand froid, afflux exceptionnel…) et reconnaître explicitement l’hospitalité comme compétence sociale, créatrice de sens et de lien.
  4. Renforcer le dispositif “Un chez soi d’abord” pour permettre aux personnes majeures sans-abri et vivant avec des troubles psychiques sévères d’accéder immédiatement à un logement, sans condition, et avec un accompagnement.
  5. Améliorer les conditions d’accueil des travailleur⸱euses étranger⸱es qui sont des milliers à faire escale à Marseille sans parfois parler français : marins philippins, routiers lituaniens et polonais, saisonnier⸱es, …
  6. Promouvoir et renforcer le réseau des lieux d’accueil pour les femmes voyageant seules afin de sécuriser une pratique de voyage en constant développement (une douzaine d’accueils chez l’habitant en 2025).
  7. Renforcer le nombre de lieux labellisés Tourisme et Handicap à Marseille dans la lignée des actions menées par l’office du tourisme.
  8. Créer des places supplémentaires d’hébergement en résidence sociale dans le patrimoine municipal et ainsi poursuivre l’effort engagé lors du précédent mandat (1000 places annoncées).
  9. Augmenter le nombre d’espaces de production artistique en autogestion ou gestion déléguée, afin de répondre à la précarité croissante des artistes de plus en plus nombreux.ses à s’installer à Marseille
  10. Accueillir dignement les artistes auteur⸱es et/ou interprètes en prenant en compte l’absence de continuité de revenus : Caution solidaire de la Ville pour la location d’ateliers et studios
  11. Augmenter et diversifier le nombre d’ateliers gérés par la Ville (15 en 2025).
  12. Rendre transparents les critères d’attribution des ateliers d’artistes prenant en compte les rapports d’origine, de genre et de classe.
  13. Déconcentrer la vie artistique par l’implantation d’ateliers dans tous les arrondissements de Marseille.
  14. Créer des espaces de services avec douches et sanitaires publics de qualité, laverie automatique accessible, distributeurs de produits d’hygiène, point de vente de titres de transport et cartes touristiques.
  15. Organiser des permanences sociales et sanitaires régulières avec travailleurs sociaux spécialisés dans l’accueil des publics de passage, permanence juridique pour les questions de séjour, orientation efficace vers les dispositifs d’hébergement d’urgence, psychologue et médecin généraliste, orientation vers les dispositifs de la PASS (Permanence d’accès aux soins).
  16. Organiser des points d’accueil hebdomadaire de santé : un médecin généraliste et un psychologue/psychiatre pour un accueil gratuit et anonyme des personnes de passage, en partenariat avec l’AP-HM.
  17. Associer pleinement les représentant⸱es des organismes d’accueil social aux prises de décision qui impactent les conditions d’accueil social, tel que les foyers de jeunes travailleurs et les résidences sociales. 

L’hospitalité mutuelle, prendre soin des accueillant·es

Enjeux :  prendre soin des accueillant⸱es comme des accueilli⸱es et des habitant⸱es en favorisant la pair-aidance, la mise en relation, la convivialité, l’accompagnement et le soutien psychique ainsi que la mixité sociale et culturelle entre résident⸱es, accueillant⸱es et accueilli⸱es. 

La spéculation immobilière fragilise de plus en plus les conditions d’un accueil digne et le cadre de vie, la dégradation des conditions de travail fragilise l’emploi local et le recrutement, et les stratégies marketing invisibilisent de nombreux récits auxquels les personnes sont attachées. Il faut impérativement préserver l’équilibre délicat entre habitant⸱es permanent⸱es et accueil temporaire. Les personnes de passage sont une opportunité pour le territoire tant présent que futur. Source de régénération de la communauté locale, l’enjeu est de leur donner envie de s’installer et de rester sur le territoire quel que soit le motif de leur passage : mise à l’abri, étude, travail, vacances.

Les solutions existantes pour prendre soin des hôtes accueillant•es :

  1. Prendre soin des accueillant·es en apportant un soutien technique et psychologique permanent aux hôtes marchands comme bénévoles.
  2. Animer une communauté d’entraide structurée entre tous les acteurs et actrices de l’hospitalité à Marseille favorisant l’échange de savoirs et d’expériences de pair à pair. 
  3. Documenter les conditions de travail des différents secteurs de l’accueil dans le but de les améliorer (rendre attractif) et de lutter contre l’ubérisation du secteur, en prenant notamment en compte les résultats de l’étude PROSPERT du CEREQ sur l’Adaptation des emplois à la transition écologique du secteur tourisme.
  4. Associer pleinement les représentant⸱es des salarié⸱es du secteur de l’accueil aux prises de décision qui impactent leurs conditions de travail, tel que les syndicats qui défendent les femmes de ménage.
  5. Prendre en compte la diversité des aspects des patrimoines et matrimoines culturels présents auxquels les personnes attachent de la valeur et qu’elles souhaitent, dans le cadre de l’action publique, maintenir et transmettre aux générations futures, dans la lignée de l’adhésion de la ville de Marseille aux principes de la Convention de Faro.
  6. Encourager chacun·e à participer aux processus d’identification, d’étude, d’interprétation, de protection, de conservation et de présentation des patrimoines et matrimoines ainsi qu’à la réflexion et au débat publics sur les chances et les enjeux qu’ils représentent pour la Ville de Marseille, dans la lignée du pass Marseille et des Ambassadeurs citoyens. 
  7. Associer à la mise en récit de la destination Marseille la diversité des institutions et communautés patrimoniales marseillaises : coproduction des cartes touristiques, de la programmation événementielle, des stratégies marketing, …

L’hospitalité urbaine, une ville habitable

Enjeux : une ville hospitalière n’est pas seulement une ville ouverte dans laquelle la population et la municipalité organisent un accueil digne de ce nom. Elle doit se penser et se construire autrement, portée par des ambitions éthiques plutôt que par des appétits immobiliers.

L’urbanisme est le reflet de l’idéologie dominante. La féodalité a enfanté les cités fortifiées dominées par le château ; le capitalisme industriel, les quartiers ouvriers ceints autour de l’usine ; le capitalisme fordiste de l’après-guerre, les « cités » reléguées en périphérie urbaine.  L’hospitalité s’incarne dans son urbanisme, ses bâtiments, ses espaces publics et son mode de gouvernance. Nos villes existant déjà, il nous faut œuvrer à leur transformation en tenant compte des lieux et des populations qui les habitent. Elles peuvent devenir les paraboles vivantes, les anticipations concrètes de ce monde hospitalier auquel nous aspirons et que nous construisons.

Les solutions existantes pour une ville habitable et habitée :

  1. Accompagner le passage des solutions d’hébergement temporaire vers la location longue durée en facilitant le recours aux baux glissants et à l’intermédiation locative. 
  2. Favoriser des Tiers-lieux conviviaux pour tous, ouverts aux résidents comme aux personnes de passage, avec des espaces de travail équipés, café associatif, salle polyvalente pour ateliers et conférences, coin lecture avec presse locale et internationale, espace de rencontre interculturel animé, espaces de repos.
  3. Limiter réglementairement le nombre de résidences secondaires dans les zones touristiques tendues afin de préserver l’accès prioritaire à la résidence permanente et garantir la présence d’habitants permanents, véritables hôtes en capacité de pratiquer l’hospitalité auprès des personnes de passage.
  4. Renforcer les moyens de contrôle des réglementations en matière de location de courte durée adoptées par la Ville de Marseille pour lutter efficacement contre la spéculation immobilière.
  5. Préserver les espaces publics contre leur privatisation et leur marchandisation par les acteurs touristiques , dans la lignée des propositions de l’assemblée citoyenne du futur de 2024.
  6. Documenter l’impact des différentes typologies de visiteurs sur l’accessibilité tarifaire (foncier, commerce, service) afin de construire un cadre de vie accessible au plus grand nombre.
  7. Mesurer les retombées économiques globales et locales des différentes typologies de visiteurs pour évaluer objectivement les bénéfices de leur économie présentielle (consommation et production).
  8. Anticiper les pics de fréquentation, notamment lors de grands événements, afin d’éviter la saturation des infrastructures et les situations de « désaccueil ».
  9. Associer pleinement les représentant⸱es des résident⸱es aux décisions touristiques qui impactent leur cadre de vie tel que les collectifs Stop extensions aéroport et Stop Croisière.