Notre proposition politique : un choix politique assumé et finançable

L’hospitalité : une différenciation assumée avec les stratégies touristiques 

La ville hospitalière propose une transition résolument novatrice du tourisme. Cette mutation profonde suppose une évolution des mentalités tant du côté des accueillant⸱es que des accueilli⸱es. Elle privilégie délibérément la logique de l’échange et du partage sur celle de la consommation passive de services, la personnalisation des relations sur leur standardisation marchande, l’inclusion par la diversité sur l’exclusion par les prix.

Cette approche assume explicitement l’internalisation des bénéfices générés par l’accueil au profit direct des communautés locales plutôt que leur captation systématique par des opérateurs externes. Elle suppose une montée en compétences progressive des acteurs locaux et une professionnalisation graduelle des pratiques d’accueil. L’hospitalité génère des emplois durables, non délocalisables centrés sur l’accompagnement humain et la médiation culturelle.

La délégation à l’hospitalité : un engagement politique assumé

La transformation ambitieuse de Marseille en ville de plus en plus d’hospitalité et fière de l’être passe par un acte politique fort, avec un portage politique de haut niveau, assumé et constant sur la totalité de la durée du mandat. 

Un portage au niveau du cabinet du maire et la création d’une délégation spécifique à l’hospitalité, garantissent la transversalité indispensable entre les différents secteurs d’action municipale concernés. L’hospitalité n’est pas un secteur en soi et est transversale à plusieurs compétences municipales qu’elle contribue à mettre en cohérence.

Si des villes comme Lyon ont déjà nommé un·e élu·e délégué·e à l’Accueil et l’Hospitalité, elle relève souvent de l’accueil d’urgence. Marseille sera la première ville à inscrire l’hospitalité au cœur de sa stratégie municipale.

Le comité des acteurs de l’hospitalité : jouer collectif

L’élargissement de l’actuel Comité des acteurs du tourisme à l’ensemble des représentants des services municipaux et des acteurs de terrain engagés sur l’hospitalité permet de traduire les orientations politiques de la délégation à l’hospitalité en réalités opérationnelles. 

La participation des représentant⸱es des salarié⸱es du secteur, des personnes de passage et des résident⸱es facilite l’adhésion indispensable des premier⸱es concerné⸱es. Il poursuit l’ouverture démocratique aux enjeux touristiques initié à Marseille avec la Convention citoyenne du futur et s’inspire de l’Agora du Tourisme de Bordeaux Métropole.

La taxe de séjour de l’hospitalité : un financement équitable et soutenable

Nous n’avons besoin de rien pour être une ville d’hospitalités : nous avons déjà tout si nous décidons d’élargir la focale, de réaffecter les moyens existants et de jouer collectif. Le financement repose sur un mécanisme équitable : la réallocation a minima de 20% de la taxe de séjour dont une partie importante est réglée par des non touristes. 

Bien qu’elles soient rarement destinataires des politiques touristiques, les autres personnes de passage s’acquittent pour partie de la taxe de séjour et participent effectivement à la fréquentation touristique et à l’économie locale. 

Ce financement présente l’avantage de faire contribuer directement les bénéficiaires de l’hospitalité marseillaise à son amélioration continue. Le prélèvement annuel de 20% du produit de cette taxe, qui a plus que doublé en dix ans pour atteindre quatorze millions d’euros, permet de dégager les financements nécessaires à la mise en œuvre concrète d’une politique publique d’hospitalité ambitieuse. 

La part de la taxe de séjour affectée à cette politique d’hospitalité est à affiner dans un souci de justice sociale et sur la base d’informations actuellement manquantes comme la part des non-touristes qui règlent la taxe de séjour et la part du budget de l’Office du tourisme affectée à l’international. La seule information disponible à ce jour est qu’il y a à Marseille autant de personnes de passage non-touristes que de touristes et que cette réaffectation est juridiquement possible.   

Une stratégie à ressources constantes

Cette stratégie s’inscrit dans une logique de coproduction de l’action publique qui prend appui sur l’existant au sein de l’institution publique comme de la société civile et du secteur privé. Dans une période de restrictions budgétaires, cette stratégie est possible à budget et ressources humaines constants grâce à une juste réallocation d’une partie de la taxe de séjour et un élargissement des compétences et des parties prenantes des institutions en charge de la politique d’accueil touristique : comité des acteurs du tourisme et observatoire du tourisme. 

À jamais les premieres? 

Un mandat pour agir. 

L’hospitalité marseillaise ainsi conçue et mise en œuvre ne se contente pas simplement d’accueillir : elle forme, soigne, émancipe, transforme et consolide le lieu de vie et les personnes qui y vivent, travaillent et séjournent. 

Elle fait de chaque rencontre une occasion de grandir ensemble et de chaque séjour une expérience enrichissante de reconnaissance mutuelle. En tissant patiemment les liens entre toutes les personnes de passage et entre les hôtes qui les accueillent, cette hospitalité constitue l’attractivité de Marseille.

Ces hospitalités feront de Marseille un modèle reconnu d’accueil où chaque personne se sent désirée, attendue et bienvenue.

Cette vision n’est ni idéaliste ni utopique. Elle assume lucidement que Marseille n’a pas toujours été accueillante pour toutes et tous et que l’accueil digne de tous nécessite des politiques publiques volontaristes et courageuses. Elle reconnaît que l’hospitalité reste à construire patiemment ensemble, en dépassant les discriminations persistantes. Elle part du constat que nous avons déjà tout ce qu’il faut pour faire de Marseille une ville hospitalière : dispositifs, tiers de confiance, savoirs, savoir-faire, savoir-être. 

Nous refusons de choisir entre attractivité économique et justice sociale, entre dynamisme touristique et préservation de l’environnement. Ces objectifs sont liés et peuvent être conciliés par des politiques innovantes et courageuses.

La fragmentation actuelle regrettable des acteurs de l’hospitalité et le manque de coordination constituent un obstacle majeur à l’émergence d’une politique cohérente d’hospitalité. La fédération des acteurs publics, privés et associatifs autour d’une vision partagée nécessite simplement de créer des instances de gouvernance inclusive et participative, de prendre en compte la diversité des personnes de passage, ainsi qu’une mobilisation équitable d’une partie de la taxe de séjour. 

Le collectif Marseille HospitalitéS poursuit sa contribution à la co production de l’action publique et au processus recherche-action sur les hospitalités marseillaises et donne rendez-vous chaque année en juin pour actualiser la fresque des hospitalités marseillaises.

À jamais les premier⸱es?