À la veille des élections municipales, le collectif Marseille HospitalitéS appelle à faire de l’hospitalité un thème structurant de la campagne.
Pour appuyer cette requête, un “Carnet des HospitalitéS” est envoyé à tous les candidat·e·s. Ce carnet reprend notamment un ABécédaire de 38 dispositifs d’hospitalité déjà existants à Marseille et plus de 63 propositions concrètes pour les cinq prochaines années. L’utilisation de la taxe de séjour, qui fait débat au niveau national, est également abordée (voir le carnet en ligne ou en version PDF).
Le collectif Marseille HospitalitéS est né il y a deux ans au Musée d’Histoire de la Ville de Marseille. Il se compose d’habitant·es, d’associations locales, d’acteurs économiques et d’acteurs civiques et souhaite que la question de l’hospitalité s’inscrive dans la politique publique locale et soit portée par la campagne municipale.
Une ville hospitalière : une nécessité
Notre constat est clair : l’hospitalité marseillaise existe. Elle est populaire, inventive et solidaire. Mais elle reste éclatée et épuisée. Elle n’est pas encore pensée comme une politique publique à part entière. Or l’hospitalité touche à tout : logement, santé, santé mentale, mobilité, culture, environnement, justice sociale, etcetera.
Marseille est aujourd’hui face à un choix clair : continuer à miser sur la course à la montée en gamme touristique – portée par l’aérien et la croisière – ou assumer une autre voie, plus juste, plus sobre et plus fidèle à son identité : celle de l’hospitalité.
Penser l’accueil à Marseille, ce n’est pas gérer les flux touristiques : c’est décider quel type de ville nous voulons être.
Tout est là : à nous d’en faire une politique
Le collectif propose une délégation municipale à l’hospitalité, la transformation du Comité des acteurs du tourisme en Comité des acteurs de l’hospitalité, et la mobilisation d’un levier financier existant : la taxe de séjour.
En dix ans, son montant a été multiplié par six, pour atteindre 14 millions d’euros. Il est possible de réallouer a minima 20% de cette ressource à l’hospitalité, inventer de nouveaux dispositifs et renforcer les initiatives existantes, notamment en termes d’accueil des jeunes et des plus vulnérables, pour lesquels les manques sont criants.
Ces mesures s’appuient sur 3 outils structurants :
– Les Syndicats des hospitalités, lieux-ressources dans toute la ville.
– L’Observatoire des hospitalités, pour documenter les réalités des formes d’accueil.
– L’École des hospitalités, pour soutenir et reconnaître celles et ceux qui accueillent.
L’ambition : « À jamais les premier·es »
Marseille a aujourd’hui l’opportunité de devenir la première grande ville française à faire de l’hospitalité un axe central de sa stratégie municipale. Un choix qui pourrait en faire un modèle inédit en France, un laboratoire d’accueil digne, durable, plus robuste économiquement et en cohérence avec une trajectoire de transition écologique.