Quelles personnes sont de passage à Marseille ? Pourquoi viennent-elles ? Où séjournent-elles ? Nous nous sommes posés ces questions à la suite d’une étude rendue fin 2023 sur les alternatives possibles au projet d’extension de l’aéroport d’Aix-Marseille. Si nous devons pour des raisons climatiques réguler le flux touristique de passagers aériens, qui d’autre pourrait venir le remplacer ?

À notre grand étonnement, il existe peu de données sur les personnes de passage à Marseille en dehors des touristes tout comme sur leur impact local. Combien sont-elles ? Qui les fait venir ? Quelle est leur influence sur l’économie locale, le cadre de vie et l’environnement ?
Dès le début de notre enquête nous avons fait le constat que de nombreuses personnes les accueillent : résidences étudiantes, foyer de jeunes travailleurs, centre d’accueil des demandeurs d’asile, maison des aidants, …
Nous avons aussi observé qu’elles sont nombreuses à être hébergées par le secteur touristique. Il existe même des dispositifs spécifiques comme l’hôtel hospitalier qui permet l’accueil en hébergement touristique des patients et de leurs proches.
Enfin, si les données sur leurs impacts sont éparses, elles existent parfois. En 2023, les étudiant·es ont contribué à l’économie locale à hauteur de 7.700 euros chacun·e et leur mobilité est quatre fois moins émettrice de Co2 que celle des habitants.
Si les touristes sont nombreux à Marseille, ce sont ceux qui restent le moins longtemps sur place. In fine, pour chaque touriste présent à Marseille, il y a une personne de passage pour un autre motif. Ce sont les cent mille personnes qui étudient à l’université d’Aix-Marseille, les cent mille visiteurs annuels des hôpitaux publics de Marseille tout comme les personnes en attente de demande d’asile ou encore les travailleurs de passage à Marseille dont personne ne connaît le nombre total : saisonniers, contrats courts, travailleurs détachés, étudiants salariés, apprentis, marins…
Malgré leur nombre, leur importance pour la vie locale et leur impact moindre sur le climat, il existe peu d’offres d’accompagnement des hébergeurs qui souhaitent les accueillir tout comme il existe peu d’informations facilement accessibles pour ces personnes de passage.
Fort de ces constats, nous avons appelé en février 2024 la ville de Marseille à en prendre la mesure pour faire évoluer ses politiques publiques afin que chaque personne se sente désirée, attendue et bienvenue à Marseille. C’est un enjeu à notre portée de dignité humaine comme de justice sociale et climatique.
Nous partageons dans ce hors-série de l’Echo-touristique les résultats de nos premières enquêtes marseillaises ainsi que des réflexions plus globales sur l’hospitalité et l’avenir de l’attractivité des métropoles.
Nous avons décidé de nous donner rendez-vous chaque année pour faire le point sur les hospitalités à Marseille.
Bienvenue et bonne lecture.
Collectif Marseille HospitalitéS, juin 2025.
Le hors-série « Comment faire une ville hospitalière? » de la revue L’Écho touristique a été réalisé sur une proposition du collectif Marseille HospitalitéS. Créé en 1934, l’Echo touristique est un média qui informe les professionnels du Tourisme sur les tendances, l’actualité des destinations étrangères et françaises, des transports aériens, ferroviaire, des croisières, les stratégies d’entreprises, les palmarès…