Aiguiller une femme divorcée, alias mère au foyer
“Nous avons besoin d’une chambre pour Madame”.
Doucement, j’apprends que M. et Mme ont deux filles et sont en procédure de divorce. M. est propriétaire, Mme peine à trouver un logement faute de revenus. Elle était mère au foyer pendant dix ans.
Pour obtenir la garde alternée, il faut un logement, et pour accéder à un logement, un CDI. En une semaine, nous obtenons un rendez-vous à France Travail pour les chantiers d’insertion, un CDI dans une société de ménage et un studio à louer. Mme n’est accompagnée que par son ex-mari, pas de proches ni de famille, une enfance compliquée.
C’est avec ces bagages qu’elle quittera QG Marseille. Que la route lui soit favorable.

Planter l’étendoir de l’amitié
Le groupe arrive du 92 pour effectuer un parcours d’engagement citoyen d’une semaine.
Un ado souffre d’énurésie. Ne connaissant pas ce mot, je m’inquiète avant de comprendre qu’il nous suffira de laver ses draps et son pyjama chaque matin. Le jeune a tout prévu pour emballer son matelas et nous dressons un étendoir à l’insu de tous.
Un soir, l’ado se confie, les larmes aux yeux : il est fier d’être venu, d’avoir surmonté sa peur des moqueries des copains. Silence radio autour de la table. Puis un des copains se lève et lui serre la main : “on est avec toi mon poto!”.
Le lendemain, l’étendoir est planté au beau milieu de la cour : pari gagné, tous ensemble !

Récit de Charlotte Noblet, directrice de l’auberge de jeunesse QG Marseille