Quel échange d’hébergement entre hôtes?

Des pratiques anciennes et diversifiées

Dans le secteur du voyage, internet favorise la croissance de l’accueil non marchand entre personnes de passage et résident·es, d’hôte à hôte.

Des plateformes proposent l’hébergement non marchand chez l’habitant·e comme «l’échange de maison», le couchsurfing pour «passer d’un canapé à l’autre» , l’échange de services pour un «séjour de bénévolat dans des fermes biologiques» avec le wwoofing ou comme «gardien·ne de maison» grâce au home-sitter.

Toutes ces formes d’échange entre hôtes existaient en grande partie avant l’essor d’internet. Le réseau d’accueil gratuit Servas est né en 1949 avec les mouvements pour la paix (voir notre enquête). Le réseau Homelink international d’échange de maisons, principalement entre enseignant·e·s, existe depuis 1953. Les annonces étaient publiées dans des catalogues papiers envoyés aux adhérant·es qui prenaient contact ensuite par téléphone et par courrier postal.

Un tourisme non-marchand

Cet essor d’un tourisme non marchand d’hôte à hôte via internet accroît les possibilités de voyager et d’être en relation avec les accueillants. Mais pour qui?

Les adeptes du couchsurfing sont majoritairement occidentaux et souvent issues des classes moyennes et supérieures et ont accès aux nouvelles technologies ainsi qu’aux visas de visiteurs à l’international : «Les couchsurfers sont généralement relativement bien éduqués, très instruits en matière de médias et compétents dans la navigation sur les sites Internet […] Et ils sont relativement jeunes—en moyenne ».

Concernant l’échange d’hébergement entre hôtes, à la question de qui sont les adhérent·es de Homelink international, il est répondu sur son site « La majorité des membres Homelink sont des professionnels – médecins, ingénieurs, enseignants, avocats, dirigeants d’entreprise, des retraités, etc. Beaucoup sont des familles avec enfants. Tous partagent un goût pour les voyages et des vacances d’exception, et adorent profiter du confort d’un chez-soi ailleurs, tout en économisant 100 % sur les frais d’hébergement ».

Source couchsurfing.org, 2014

L’échange d’hébergement d’hôte à hôte

Les échanges d’hébergement entre hôtes peuvent s’effectuer de manières réciproque – les deux parties occupent mutuellement leurs hébergements, simultanément ou à des dates différentes – ou non réciproque via un système de points permettant d’échanger son hébergements contre des points utilisables pour séjourner ailleurs. Les offres sont publiées en contrepartie souvent d’un abonnement forfaitaire annuel ou d’une facturation à l’échange.

Les locataires − sauf indication spécifique dans leur bail − y sont éligibles dans la mesure où ce dernier n’est pas considéré comme une sous-location.

Le succès de l’échange d’hébergements d’hôte à hôte s’explique aussi par l’aspect financier : le coût d’un hébergement en France en été s’élève à 1000 à 1200 euros la semaine, selon le baromètre 2023 du comparateur de vacances Location-Vacances-Express.

Carte Homexchange, Marseille, novembre 2025

Le leader HomeExchange, l’historique des enseignant·es Intervac, l’américain Homelink, le club design Behomm, l’associatif Switchome, le récent People like us, sont quelques-unes des plateformes spécialisées.

La « plateformisation » de ces réseaux d’échange entre hôtes a entraîné une monétarisation de l’échange de certains réseaux. Chaque logement se voit attribué une valeur en points selon sa grandeur, sa situation géographique ou les équipements offerts. Cette valorisation est encadré par l’algorithme de l’interface.

Cela facilite les échanges non réciproques car la réciprocité de l’échange n’est plus nécessaire. Une personne qui a une résidence secondaire peut ainsi accumuler des points et les utiliser par la suite. Cette valorisation des hébergements en nombre de points fait débat au sein des usagers.

Extrait étude Homexchange 2024 sur l’impact socio-économique

Homexchange a réalisé en 2024 une enquête auprès de 2500 de ses membres français qui a révélé que 83% des logements échangés sont des résidences principales et un tiers des membres déclarent voyager davantage en hors saison via la plateforme.

Des villes comme la municipalité d’Amsterdam estiment que cette pratique relève de la location touristique et appliquent des restrictions similaires à celles qui concernent les locations courtes durée type Airbnb : une licence annuelle obligatoire d’autours de cent euros, l’application de la taxe de séjour à faire, une durée de 30 jours maximum par an, avec quatre personnes au maximum et interdiction d’utiliser ce système avec une résidence secondaire. A contrario, la ville d’Edimbourg, engagée dans la même voie, a finalement entendu les arguments des plateformes d’échange d’hôte à hôte et renoncé à les inclure dans les réglementations de la location courte durée.

L’échange d’hébergements entre hôtes à Marseille

HomeExchange est devenu le leader mondial avec plus de 270.000 logements disponibles dans plus de 145 pays. L’inscription est gratuite, mais une fois le premier échange trouvé, il faut payer une adhésion annuelle de 175€. HomeExchange a enregistré en 2023 sur sa plateforme 296.415 séjours avec une augmentation de 53% par rapport à 2022 et de 105% par rapport à 2019.

La plateforme Homexchange à Marseille en octobre 2025 compte 2.633 membres dont 93% de résidences principales. Sur six mois, entre avril et septembre 2025, 3.539 échanges ont été réalisé à Marseille pour un total de 52.849 nuitées et une moyenne de 6 nuitées par séjour.

Couchsurfing est de loin le réseau de ce type le plus important avec avec une communauté estimée à 10 millions de membres dans plus de 100.000 villes du monde. En 2025, la plateforme affiche à Marseille 27.420 membres dont 426 vérifiés. Une douzaine de fermes sont recensées sur la plateforme wwoofing sur le département des Bouches du Rhône.

Tableau des données

Membres sur la plateforme Homexchange à Marseille (2025)2.633 membres
Membres vérifiés sur la plateforme Courchsurfing à Marseille (2025)425 membres vérifiés
Membres sur la plateforme wwoofing dans le Département (2025)12 fermes

Sources

Cette enquête a été réalisée par la SCIC Les oiseaux de passage avec l’appui de Homexchange.

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