A nouveau salle comble pour les deuxième et troisième rencontres « Marseille, ville d’hospitalités ? » de Marseille HospitalitéS et Concrétisons l’utopie, avec le soutien d’Atelier BG. Une programmation de six mois, de février à juillet 2026, pour prendre ce sujet à bras-le-corps. Giulia David a mis en dessins le récit de ces deux rencontres que nous partageons avec son accord (Merci!).

Marseille : l’accueil chez l’habitant·e, au-delà de Airbnb
La soirée du lundi 25 février a été l’occasion de plonger au cœur du sujet de l’accueil chez l’habitant·e, là où la question de l’hospitalité se frotte frontalement à celle du logement, des prix, des plateformes et des usages.
À Marseille, le débat autour d’Airbnb et de la régulation des meublés touristiques occupe de plus en plus l’espace public. Mais une question reste souvent en suspens : une fois régulé, où vont les gens ? Les touristes, mais aussi celles et ceux qui viennent pour travailler, se former, se soigner, créer, traverser une période de transition.
Après un état des lieux documenté de la location courte durée à Marseille, cette soirée a déplacé le regard vers des formes d’hospitalité non marchandes ou faiblement marchandes, souvent invisibles, parfois fragiles, mais bien réelles : hébergement chez l’habitant·e, échanges de maisons, réseaux d’accueil bénévoles, camping chez l’habitant·e, hospitalité entre pairs.
Victor Collet, auteur de Du taudis à Airbnb aux éditions Agone a partagé son enquête sur comment les plateformes ont transformé le logement et l’hospitalité en profondeur à Marseille, Margaux Thierrée, d’HomeExchange a illustré le développement en France et à Marseille de l’échange de maison d’hôte à hôte, Céline Gruyer, hébergeuse Airbnb et Hôtel du Nord, a raconté son expérience d’accueil chez l’habitante et Françoise a présenté comment l’accueil au sein du réseau SERVAS, un réseau historique d’accueil chez l’habitant·e, était fondé sur la rencontre, la paix et la réciprocité.
Si les deux tiers des personnes en France voyagent grâce à hébergement non-marchand – chez la famille et des proches, dans leur résidence secondaire ou dans des réseaux d’échange d’hôte à hôte et de solidarité – ces formes d’hospitalités sont peu valorisées et prises en compte dans les politiques publiques d’accueil.

Marseille, Ville à vivre ou à vendre?
La soirée du lundi 16 mars a déplacé la focale : et si l’hospitalité se jouait d’abord dans la manière dont la ville est construite ? L’urbanisme n’est jamais neutre. Il décide de qui circule, de qui reste, de qui a accès à la mer, à l’ombre, à un banc, à une place, à un horizon. Il façonne les rencontres… ou les empêche.
À Marseille, l’histoire urbaine a laissé des traces profondes : fragmentation territoriale, littoral verrouillé, quartiers populaires enclavés, centralisation des grands projets, domination des logiques immobilières. Une ville parfois plus pensée pour l’investissement que pour l’usage.
A la question est simple et politique « Marseille est-elle une ville à vendre ou une ville à vivre ?« , Aurore Lochey, étudiante en urbanisme, membre du Réseau Hospitalité a rappelé l’importance du droit à la ville, l’architecte Anne-Charlotte Vilmus nous à amener à penser la ville à hauteur d’enfant, Jonathan Cacchia, architecte-urbaniste, a questionné la place du déjà dans les stratégies d’urbanisme actuelles et les libres nageuses ont raconté leur engagement pour libérer la digue.
L’urbanisme hospitalier est avant tout un urbanisme organique, trop souvent ignoré des institutions locales comme nationales, habituées à décider seules, entre experts, sans tenir compte du déjà la et d’après demain.
