Quelles sont les fausses bonnes idées touristiques?

La difficulté à bien gérer l’accueil touristique n’est pas propre à Marseille comme en témoigne l’actualité médiatique. L’hospitalité dans plusieurs destinations serait menacée périodiquement par une surfréquentation touristique au-delà des capacités d’accueil.

L’expérience d’hospitalité des visiteurs serait altérée tout comme le cadre de vie des habitants dont les espaces publics seraient envahis et les espaces d’habitation accaparés par de la location courte durée et des résidences secondaires.

Face à ces préoccupations croissantes, les professionnels du tourisme proposent de désaisonnaliser le tourisme, de mieux le répartir sur les destinations en développant de nouvelles attractivités et de verdir l’offre. L’intérêt pour l’économie touristique est évident : un tourisme quatre saisons augmente leur chiffre d’affaires, l’ajout d’attractivités touristiques allonge la durée des séjours et le verdissement de leur offre permet de capter de nouvelles clientèles. L’économie touristique s’en voit renforcée avec de nouvelles clientèles, un rallongement de la saison touristique et de la durée des séjours. Quid des résidents?

Aucune étude à notre connaissance n’a montré que ces stratégies de désaisonnalisation, de meilleure répartition et de verdissement de l’offre touristique avaient eu un impact sur la fréquentation des zones touristiques tendues.

Venise, 2022

L’exemple de Venise semble confirmer le peu d’impact de ces stratégies, voire leur effet contre-productif. L’allongement de la durée de la Biennale d’art et du Carnaval ainsi que leur programmation sur l’ensemble de la ville n’ont pas limité les pics de fréquentation. Au contraire.

C’est un peu comme lorsque l’on ajoute une voie supplémentaire pour fluidifier le trafic autoroutier pour in fine voir sa fréquentation augmentée. Concernant un éventuel ticket d’entrée des villes touristiques surfréquentées, la ville de Venise n’a eu de cesse de reporter sa mise en œuvre depuis son adoption en 2018.

Le demarketing touristique n’a pas non plus démontré sa pertinence et la fixation de quota ne fonctionne que pour les lieux isolés comme les îles ou les calanques escarpées.

Et aucune de ces stratégies ne prend en compte son impact sur l’accueil des autres personnes de passage malgré les difficultés croissantes qu’elles rencontrent en particulier dans les zones touristiques tendues : étudiants, saisonniers, mise à l’abri, …

Sources

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