Quelle intensité carbone des touristes?

Aujourd’hui, pour respecter les accords de Paris, le secteur du tourisme doit réduire a minima de 40% son impact carbone d’ici 2035 par rapport à 2018. L’Ademe a publié un bilan complet des émissions de gaz à effet de serre du secteur du tourisme en France en 2022. Le scénario le plus crédible passe par des séjours moins lointains, plus longs, dans des hébergements sobres et en mobilité douce.

L’intensité carbone d’un voyage est l’équivalent en termes d’émission quotidienne de dioxyde de carbone (kgCO2/jour) des émissions de gaz à effet de serre émises durant la totalité d’un séjour. Elle est fortement corrélée aux modes de transport (77% de l’impact du secteur) et à la durée du séjour.

Afin d’accompagner la prise de décision des acteurs publics et privés, l’Ademe a calculé pour quatre catégories de touristes et excursionnistes leur indicateur d’intensité carbone quotidienne : le tourisme international, le tourisme professionnel, le tourisme européen et le tourisme national.

Intensité carbone des différents type de tourisme. Source Ademe 2022 et 2018 (tourisme professionnel)

« Au total, l’intensité carbone du transport des voyageurs non-européens est plus de 17 fois plus élevée que celle des voyageurs résidents (1460 contre 80 kgCO2/arrivée) » (Rapport Ademe, 2022).

A titre de comparaison, l’intensité carbone moyenne d’un français en 2022 est de 9,2 tonnes annuelles, soit 25 kgCO2/jour, avec un niveau d’émission de 7 tonnes pour les plus pauvres (19 kgCO2/jour) et de 11,6 tonnes pour les plus riches (32 kgCO2/jour, +66%). L’objectif est de réduire notre intensité carbone annuelle à deux tonnes (5,5 kgCO2/jour).

Qui sont les touristes marseillais?

Provenance des touristes à Marseille en 2023. Source observatoire du tourisme de Marseille.

Selon l’observatoire du tourisme de la Ville de Marseille, sur les 16 millions de nuitées touristiques réalisées à Marseille durant l’année 2023, une sur trois est internationale (+5% par rapport à 2022), une sur trois est nationale et une sur trois est régionale (-11%).

La principale clientèle internationale hors Europe est américaine avec un peu moins de demi million de nuitées en 2023 (+5% par rapport à 2022).

Concernant le tourisme professionnel, en 2023, Marseille a accueilli 430.173 journées congressistes, en baisse de 24% par rapport à 2022.

Si un touriste américain dépense lors de son séjour en moyenne deux fois plus qu’un touriste français (1870€ contre 768€ en région), le bilan carbone de son séjour est dix fois plus élevé que celui d’un touriste résident (1560 kgCO2 contre 150 kgCO2).

L’aéroport d’Aix-Marseille a accueilli en 2023 un peu mois de 11 millions de passagers, en progression de 18% par rapport à 2022 et de 6,4% par rapport à 2019. Par rapport à 2022, le nombre de passagers internationaux a augmenté de 25%.

La Gare Saint-Charles a connu en 2023 un flux de presque 17 millions de voyageurs (+28%).

Le Port maritime a accueilli en 2023 plus de 4 millions de passagers (+35%) dont 2,5 millions de croisiéristes (+76%). L’intensité carbone d’un croisiériste (hors transport destination-origine et construction) est dix fois plus élevé qu’un touriste logé à l’hôtel (103 kgCO2 contre 10 kgCO2 par nuitée).

Comparaison de l’intensité carbone des séjours. Source Rapport Ademe 2022.


Tableau résumé

Provenance
(touriste & excursionniste)
Intensité carbone quotidienne
(en kgCO2e/nuitée)
Intensité carbone séjour
(en kgCO2e/arrivée)
Tourisme international2801560
Tourisme professionnel154
Tourisme européen84260
Tourisme national44150

Sources

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