Plusieurs centres hospitaliers universitaires ont mené des études d’impact économique ces dix dernières années.
Le centre hospitalier universitaire de Nice (1.600 lits et places) a mené une première étude d’impact économique en 2013 (633 patient·es interrogé·es) qui lui a permis d’évaluer l’impact économique des 262.000 patient·es, des étudiant·es et des manifestations à 10,8 millions d’euros par an.
Les 6 CHU-CHR qui composent les Hôpitaux universitaires du Grand Ouest HUGO (Angers, Brest, Nantes, Orléans, Rennes et Tours – 12.476 lits et places) ont réalisé une étude d’impact économique en 2014 qui estimait que l’attractivité de personnes extérieures à leurs départements avait un impact économique de 44,2 millions d’euros avec 20% à 25% des patients prenant d’autres départements.

Ces études mesurent l’impact économique direct composé des salaires, achats, investissements, impôts locaux, l’impact économique indirect composé des retombées économiques induites par les patients, les familles et les étudiants extérieurs au département et les effets induits des dépenses des salariés, des patients, des organismes liés et des fournisseurs.
En 2016, le regroupement des six centre hospitaliers du Grand Est (Reims, Nancy, Metz-Thionville, Nancy, Strasbourg, Dijon et Besançon – 12.133 lits et places) a mené une étude d’impact économique sur la base de ses 1,3 millions de patients accueillis. L’impact indirect des patient·es et étudiant·es est évalué à 132,2 millions d’euros. L’étude estime que dans 55% des cas les patients viennent accompagnés avec en moyenne 1,2 personnes.
L’étude d’impact économique la plus récente a été publiée en 2018 par le Centre hospitalier régional de Brest qui compte 3.500 étudiant·es, 7.500 emplois et 713.000 consultations et hospitalisations et déploie ses activités sur six lieux d’accueil (2.500 lits et places).
Quatre étudiant·es en master à l’université de Bretagne ont réalisé une enquête auprès de 600 patients pour estimer leur dépense moyenne selon qu’ils soient en consultation ou hospitalisés.
Concernant l’impact économique des étudiant·es au CHRU de Brest, l’étude « comptabilise également les dépenses effectuées par les étudiants originaires du territoire puisque si la formation en santé n’existait pas à Brest, ils iraient étudier dans une autre faculté.«
L’étude évalue à 27 millions d’euros par an l’impact économique indirect des 134.000 patients extérieurs, dont 33.000 hospitalisations, et 2.720 étudiant·es hors internes.

Et à Marseille?
Les résultats s’avèrent très différents selon les études : l’étude des retombées économiques du Centre hospitalier d’Arras de 2017 évalue la dépense moyenne par patient résidant hors zone d’étude à 4,10€ en consultation ou hospitalisation contre 80€ pour l’étude de 2018 concernant le Grand Est.
Pour autant, dans l’ouvrage « Hôpital, ville et citoyenneté » paru en 2021, Cécile Jaglin-Grimonprez constate dans son article consacré aux rôles économiques directs et indirects des CHU sur leur territoire et au-delà, que les dernières études menées par des établissements hospitaliers, de façon individuelle ou collective, mettent en évidence des résultats étonnamment similaires.
Des résultats qui sont repris dans la méthode développée par les CCI concernant les impacts des CHU sur l’économie de leur territoire. La dépense moyenne est estimée à 80€ par patient·e en consultation ou hospitalisation et à 8.000€ par étudiant·es originaires d’autres département ou pays.

Il n’existe à notre connaissance pas d’étude similaire sur l’impact économique des 4 établissements de l’APHM.
L’AP-HM accueille 900.000 consultations, 125.000 entrées en hospitalisation et 1.877 étudiant·es et 1.629 internes (2023).
Le rapport 2019 indique que les séjours hospitaliers durent en moyenne 6 jours et que 22% des patient·es hospitalisé·es proviennent de l’extérieur du département.
Sur la base de la méthode proposée par les CCI, il est possible de faire une première estimation à hauteur de 16 millions d’euros par an concernant les retombées économiques induites par les patient·es hors département en consultation et hospitalisés à l’AP-HM.
L’impact économique local des étudiant·es, internes compris, peut être estimé à 28 millions d’euros. L’impact économique indirect total de l’APHM peut être ainsi estimé à 44 millions d’euros.
Une enquête associant l’université, comme à Nice ou Brest, permettrait de mieux connaitre l’impact économique et écologique des patient·es de l’AP-HM qui viennent d’autres départements. Cécile Jaglin-Grimonprez estime dans son article que la connaissance localisée des dépenses journalières des patients et de leurs accompagnants mérite d’être affinée, au vu de l’écart constaté entre les différents CHU.
Sources
- AP-HM chiffres clé 2023
- Etude d’impact économique CHRU de Brest 2018
- Cécile Jaglin-Grimonprez, 2021, Quels rôles économiques directs et indirects jouent les CHU sur leur territoire et au-delà ?